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Les verbalisations quotidiennes, qu'elles interviennent dans un cadre interlocutif ou délocutif, comportent des éléments prédicatifs conformes à ce qu'on peut classer dans les domaines de l'imprécation d'une part, et d'autre part de la déprécation.
L'imprécation consiste dans le fait d'appeler le malheur sur quelqu'un, un individu, un groupe (comme une communauté par exemple), ou d'interpeller une personnalité mondaine ou extra-mondaine sur des événements qui seront à la défaveur de l'autre, quel qu'il soit. La déprécation, de son côté, consiste au contraire à détourner l'imprécation, à la soumettre à conditions, ou à l'extraire tout simplement de ce qui la fonde ou de ce qui la légitime.
Phénomènes linguistiques à part entière, l'imprécation et la déprécation s'inscrivent ouvertement dans le domaine de l'anthropologie sociale et culturelle, qui se les approprie diversement selon la recherche, le champ méthodologique, le cadre épistémologique ou historique qui s'en saisit.
Ce prochain Colloque, prévu en 2010, sera l'occasion de faire le point sur ces opérations prédicatives, qui contribuent notamment à certaines formes de textualité (que ces dernières soient liturgiques, apologétiques ou autres).